AUTOPORTRAITS
Artiste contorsionniste et photographe, Elena Ramos invente un travail d’autoportraiture où la chorégraphie sculpte un dialogue avec des architectures contemporaines, notamment brutaliste et skyline. Elle conçoit des séries photographiques destinées à l’exposition, au spectacle vivant, à la haute couture et à l’édition. Son atelier et studiophoto est situé à Paris. Les tirages et le livre, sur commande.
Le bien-être dans la ville est le thème et le nom de ma série photographique globale. Cet axe de recherche est un éloge philanthropique de l’épanouissement de l’humain au coeur de l’un de ses principaux objets : la cité. Processus de prédilection, l’autoportrait est l’expression de mon introspection. Ma quête de l’image par l’image de soi est une position polymorphe, dont la contorsion est d’essayer d’être en un même geste créatrice, créature et création. Je veux montrer que l’amour de soi, le narcissisme et la solitude heureuse, fondent une matière d’autonomie, d’exigence et d’élaboration voluptueuses. Une posture qui réfléchit. Le modelage de l’individu libre dessinés par l’immobile au coeur de récits graphiques, constitue l’objectif de mon univers plastique. Je conçois intégralement mes photographies, je les scénographie et je pose dans mes cadres, techniquement à l’aide de systèmes comme le retardateur, l’assistance, ou l’exposition multiple (jamais d’lA). La plupart du temps, je vais seule des dizaines de fois sur le même lieu, courir des journées dans des escaliers, tenter la même scène pendant des mois, pour réunir l’état d’esprit, la vision, et la combinaison complexe de tous les paramètres techniques de chorégraphie et de photographie imbriqués nécessaires à la réalisation d’une image. Argentiques ou numériques, mes pièces peuvent être parfois brutes, ou parfois transformées comme en peinture, pour servir un sens surréaliste. Ces projections sont faites du monde senti, soit de mes rêves, de mes idées, mais aussi de ce que je connais concrètement d’extérieurement tangible, du monde bâti. Silhouette vitale dans son prolongement minéral, mon personnage raconte une allure, une attitude systématique. Géométriques, les esthétiques épurées, expérimentales, parfois monumentales, sont des socles qui décorent l’espace corporel d’interaction. L’être, l’existence est une architecture, et l’architecture, l’exosquelette humain. Tantôt fonds, tantôt ponts, je dialogue avec les murs. Là où le sujet s’étire, lévite, le béton coule. Est-ce l’être qui se plie à son environnement, ou l’être plie-t-il son environnement à son image ? Soyez les bienvenus de l’autre côté de mon miroir, mais une fois passés, ne vous retournez pas.
























