AUTOPORTRAITS
Artiste contorsionniste et photographe, Elena Ramos invente un travail d’autoportraiture où la chorégraphie sculpte un dialogue avec des architectures contemporaines, notamment brutaliste et skyline. Elle conçoit des séries photographiques destinées à l’exposition, au spectacle vivant, à la haute couture et à l’édition. Son atelier et studiophoto est situé à Paris. Tirages et livre sur commande.
Le bien-être dans la ville est le thème et le nom de ma série photographique globale. Cet axe de recherche poétique est un éloge philanthropique de l’épanouissement de l’humain au coeur de l’un de ses principaux objets : la cité. Sujet de prédilection, l’autoportrait est l’expression de ma réflexion intellectuelle et physique. Ma quête de l’image par l’image de soi est une posture polymorphe, dont la contorsion est d’essayer d’être à la fois créatrice, créature et création en un même geste. Je veux montrer que l’amour de soi, le narcissisme et la solitude heureuse y afférent, fondent une introspection, une matière d’élaboration et d’autonomie voluptueuses. Le modelage de l’individu épanoui au coeur de récits graphiques dessinés par l’immobile constitue l’objectif de mon processus plastique. Je conçois intégralement mes photographies, je les scénographie et je pose dans mes cadres, techniquement à l’aide de systèmes comme le retardateur. Argentiques ou numériques, mes pièces peuvent être parfois brutes, ou parfois transformées comme en peinture, pour servir un sens surréaliste. Mon persona dans son univers minéral est le reflet idéalisé de mes idées et de mes rêves, mais aussi de ce que je connais concrètement du monde. Fondamentalement citadine, l’esthétique monumentale est mon espace corporel d’interaction, mon décor et mon socle. Tantôt fonds, tantôt ponts, je dialogue avec les murs. Je vois l’architecture comme l’exosquelette humain, où le sujet s’étire, lévite, et le béton coule. Est-ce l’être qui se plie à son environnement, ou l’être plie-t-il son environnement à son image ? Soyez les bienvenus de l’autre côté de mon miroir, mais une fois passés, ne vous retournez pas.




























